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Communiqué de la COSYDEP


Communiqué de la COSYDEPA l'entame de la nouvelle année scolaire 2013 – 2014, la COSYDEP a procédé à l’analyse globale de la situation du système d’éducation et de formation à partir d’une large consultation de ses organes et organisations membres.
Pour rappel, l’année scolaire passée était marquée par :
- Le stress qui a plané dans le secteur avec un calendrier scolaire secoué ; des parents, apprenants et acteurs inquiétés jusqu'à la veille des examens ; une année scolaire encore sauvée de justesse.
- Un déroulement à double vitesse : Les persistantes perturbations vécues sont l’apanage des écoles publiques qui sont celles de l’écrasante majorité de la population, notamment les couches les plus vulnérables. Ainsi, les mêmes chances ne sont pas garanties à tous les enfants ; ce qui constitue le lit de la reproduction des inégalités sociales.
- Les résultats scolaires très en deçà des attentes : les résultats du CFEE ont baissé passant, ces dernières années, de 68,6% puis à 55,3% ensuite à 52,9%. Cette année, ils dépassent à peine les 33% avec des disparités alarmantes qui font que certaines écoles en sont à 00%. Les évolutions positives de certains intrants n’ont pas encore impacté pour inverser sur les tendances régressives des résultats : les cantines scolaires, les manuels, les latrines, l’accès à l’eau et l’électricité ont constamment progressé ; ce qui n’est pas le cas des résultats du CFEE. Il est aussi essentiel de s’interroger sur le temps réel d’apprentissage. Sur les 6 dernières années, les apprenants ont cumulé un déficit horaire d’environ 700 h soit près d’une année scolaire. Le faible ratio Inspecteur / Enseignants, une formation des enseignants pas à la hauteur des ambitions fixées, un suivi / accompagnement insuffisant ainsi qu’un dispositif d‘évaluation qui tarde à s’approprier des pratiques de terrain sont autant de tares qui impactent sur les résultats. D’autres facteurs structurels comme le management des écoles, le niveau de mobilisation des communautés sont aussi des facteurs explicatifs de la faiblesse des résultats de cette année.
Cette présente année, qui enregistre déjà un démarrage tardif en plus des menaces réelles proférées, justifie le sentiment mitigé partagé par les membres de la COSYDEP.
D’une part, de grands espoirs sont nourris par la perspective des concertations en vue pour la refonte du système d’éducation et de formation et le nouveau programme sectoriel avec la qualité, la transparence et l’équité comme axes majeurs. Cependant, la coalition demeure inquiète avec, d’autre part, les manifestations des sortants de la FASTEF, la signature non encore effective du protocole d’accord entre Gouvernement et syndicats, la déstructuration du régime indemnitaire dans la fonction publique, le style de communication des différents acteurs,la prédominance de questions récurrentes, d’ordre matériel, au détriment des questions de fond.
Par ailleurs, l'approche des élections locales, qui risquent de focaliser l’attention des acteurs et des décideurs, au point que le fonctionnement normal de l’institution scolaire pourrait en souffrir comme par le passé, suscite des appréhensions à la COSYDEP.
Aussi, l’inquiétude persistante réside en ce que les actes posés pour les concertations en vue doivent davantage rassurer sur la prise en charge satisfaisante des attentes du pays, en rapport avec le casting des responsables, la stratégie partenariale, la communication, l’agenda et le rythme prévus.
Assurément, le sort actuel de l’école appelle, de la part de tous les citoyens, une attention et une mobilisation qui garantissent l’accomplissement de sa mission éducative au service du développement.
A ce titre, la COSYDEP appelle à :
- Initier une analyse critique et une évaluation approfondie des résultats scolaires inquiétants de cette année, ceci, en vue d’identifier les relations de causalité et de proposer des recommandations pertinentes et des mesures correctives.
- Engager une évaluation objective du curriculum de l’éducation de base
- Revoir le calendrier scolaire qui, avec les fêtes, jours fériés et grèves, donne un quantum très en-deçà des normes internationales admises. La qualité et les performances de notre système éducatif, sont assujetties à une ferme volonté politique et à la réalisation d’un quantum horaire suffisant.
- Renforcer le pouvoir local dans la gouvernance du système avec une plus grande responsabilisation des communautés, des autorités décentralisées et déconcentrées
- Soutenir la demande pour une meilleure lisibilité du mouvement syndical enseignant, à travers l’organisation d’élections de représentativité
- Prendre résolument en charge les questions spécifiques liées à l’introduction des langues nationales dans le système formel, la généralisation de l’Education Inclusive, la problématique des abris provisoires, la formation professionnelle, la petite enfance ; la diversification des offres avec l’entrée par la demande ; la question de l’état civil, etc.
A deux ans du Rendez Vous mondial de l’EPT, la COSYDEP :
- Rappelle que l’éducation est une responsabilité centrale de l’Etat qui doit garantir le fonctionnement régulier de l’institution scolaire : l’Ecole ne doit être ni otage, ni victime de quelques contingences que ce soit. L’accroissement de l’attraction de l’école publique, de par son offre et ses résultats, en dépend.
- Interpelle l'Etat à résoudre définitivement les questions récurrentes d’ordre matériel en reversant dans l’orthodoxie dans leur traitement. La COSYDEP rappelle que : autant il est exigé à l’enseignant de s’acquitter de son devoir dans l’espace éducatif, autant il incombe à l’administration de mettre en place le dispositif lui permettant d’une part de payer le salaire et les indemnités à temps et d’autre part de mettre à disposition un personnel qualifié et suffisant.
- Demande à tous les acteurs de l'éducation et de la formation de consolider un accord minimal irrévocable et traduit en actes autour des questions urgentes consensuelles sous le sceau (i) du respect du droit à l’éducation, (ii) de la responsabilité partagée, (iii) du déroulement normal et optimal des apprentissages, (iv) de l’amélioration progressive et résolue des conditions de travail, (v) du relèvement de la pertinence et de la qualité des apprentissages, (vi) de la volonté commune de dialoguer en continu autour des enjeux nationaux ainsi que des problématiques susceptibles de bloquer le système,
- Invite les parents à une franche collaboration avec les enseignants pour un meilleur suivi àdomicile des performances des apprenants.
La COSYDEP est convaincue que l’éducation constitue le levier le plus important pour l’amélioration des conditions économiques, sociales et culturelles d’une nation. Elle doit demeurer l’affaire de toutes les citoyennes et tous les citoyens par un engagement à la fois local et national à travers la participation effective et à tous les niveaux, de la société civile, du secteur privé, des collectivités locales, des communautés et des apprenants.


Fait à Dakar, le 20 octobre 2013

Déclaration de fin d'année COSYDEP 2013

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Sicap Liberté 6,villa 6039 Dakar

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Cosydep

La COSYDEP est une organisation de la société civile servant de cadre stratégique de réflexion, de concertation, de synergie, de recherche et d’action pour influer de manière positive et significative sur la définition et la mise en œuvre des politiques d’éducation en vue de promouvoir le droit à une éducation publique de qualité, gratuite,inclusive et accessible à tous. 

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