L’étude diagnostique, conduite dans le cadre du projet Compétences Numériques et Développement de l’Esprit Scientifiques (CNDES) auprès d’une centaine d’élèves, met en évidence une réalité contrastée du numérique éducatif : un accès globalement répandu mais encore inégal, et des usages déjà ancrés quoique peu structurés.
D’abord, en matière d’équipement , les résultats indiquent que 70,8%, déclarent avoir accès à un appareil numérique, qu’il soit personnel ou partagé. À l’inverse, 29,2% des élèves restent sans accès direct à un équipement. Ce chiffre rappelle que la fracture numérique de premier niveau persiste, constituant un frein important à l’égalité des chances. Le téléphone mobile s’impose comme le principal point d’entrée dans le numérique, traduisant une logique d’accès davantage individuelle que structurée par des dispositifs collectifs.
S’agissant de l’accès à Internet , 66,4% des élèves déclarent en bénéficier, contre 33,6% qui en sont privés. Ce décalage entre équipement et connectivité met en évidence une fracture numérique de second niveau. En effet, posséder un appareil ne garantit pas un accès effectif à des ressources en ligne.
Malgré ces contraintes, les usages éducatifs du numérique apparaissent répandus. En effet, 83,2% des élèves affirment utiliser le numérique pour apprendre. Ce résultat constitue un signal fort : les élèves n’attendent pas nécessairement des dispositifs formels pour intégrer le numérique dans leurs pratiques d’apprentissage. Toutefois, ces usages restent majoritairement informels, peu encadrés et rarement optimisés.
L’analyse des usages principaux confirme cette tendance. La moitié des élèves soit 50,4% déclare un usage mixte, combinant apprentissage et divertissement, tandis que 28,3% privilégient un usage éducatif et 21,2% un usage récréatif. Ces données viennent nuancer les perceptions souvent alarmistes d’un numérique exclusivement ludique. Les élèves démontrent une capacité à mobiliser les outils numériques selon des objectifs variés, en fonction de leurs besoins. En revanche, certains comportements appellent à la vigilance. Ainsi, 14,2% des élèves déclarent se connecter principalement la nuit. Cette pratique soulève des enjeux liés à la santé, à l’encadrement familial et à l’exposition aux contenus.
Enfin, l’analyse des plateformes utilisées montre une forte présence de WhatsApp (61,1%) et TikTok (46,9%), aux côtés de Google Search (44,2%) et des outils d’intelligence artificielle comme ChatGPT (23%). Cette diversité traduit une familiarité des élèves avec des environnements numériques variés, offrant un terrain favorable au développement de solutions éducatives adaptées.
En définitive, cette étude révèle que l’enjeu ne réside plus uniquement dans l’accès au numérique, mais dans la qualité des usages. Le contexte est propice au déploiement des Bibliothèques Numériques Éducatives (BNE) et des Mini-Laboratoires de Recherche (MLR).

