
Le chef du département d’anglais de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) de Dakar, le professeur Abib Sène, affirme que son département est en mesure de satisfaire pleinement les besoins de l’État en ressources humaines dans le cadre du projet d’introduction de la langue anglaise dans l’enseignement primaire.
Dans un entretien accordé à l’Agence de presse sénégalaise (APS), le professeur Sène a défendu la capacité de son département, qu’il qualifie de « véritable université dans l’université », à accompagner cette réforme linguistique ambitieuse. « Nous avons un département qui fait plus que l’université du Sine-Saloum en termes d’effectif. Il est aussi plus important que l’université de Diamniadio ou encore que la Faculté de médecine de Dakar », a-t-il soutenu.
Alors que l’introduction de l’anglais au primaire n’en est qu’à sa phase expérimentale dans quelques écoles pilotes, avec des cours souvent dispensés par des instituteurs aux compétences variables, le professeur Sène estime que le Sénégal dispose déjà d’une masse critique de diplômés en anglais formés dans de bonnes conditions. « Le défi des ressources humaines reste important, mais nous avons déjà ce qu’il faut pour le relever. Nos étudiants n’attendent qu’à être mobilisés », plaide-t-il.
Pour le chef du département d’anglais, l’implication des diplômés de l’UCAD dans cette réforme représenterait un double avantage : garantir une meilleure qualité de l’enseignement de l’anglais dès le plus jeune âge, et offrir des opportunités d’emploi à une jeunesse souvent confrontée au chômage.
« Aussi bizarre que cela puisse paraître, j’ose dire qu’à la Faculté des Lettres et Sciences humaines, nous formons moins de chômeurs », souligne-t-il, ajoutant que les diplômés en anglais trouvent généralement des débouchés dans l’enseignement, la traduction, le tourisme ou encore la diplomatie.
Le professeur Abib Sène salue l’idée d’introduire l’anglais dès le préscolaire et l’élémentaire, une décision qu’il juge pertinente à l’heure où la langue de Shakespeare est devenue incontournable dans les domaines des affaires, de la technologie et des relations internationales. Il déplore cependant que de nombreux élèves sénégalais suivent des cours d’anglais pendant plus de six ans, du collège au lycée, sans pour autant maîtriser la langue.
« C’est une très, très bonne idée, surtout quand on voit le faible niveau en anglais de ceux qui en ont pourtant fait pendant des années. Il est temps d’agir à la base », conclut-il.

