Une initiative salutaire vient d’être lancée à Kaolack par l’Association Action pour le Développement du Sénégal (AADS), en partenariat avec les acteurs du système éducatif, pour lever le tabou autour des menstruations et améliorer la rétention scolaire des jeunes filles.

Dans le cadre de ce projet, une formation sur la gestion de l’hygiène menstruelle a été organisée à l’intention des enseignants, des élèves, des parents d’élèves et du personnel administratif. Objectif : créer un environnement scolaire plus sûr, plus sain et plus inclusif pour les adolescentes.
« Beaucoup de filles manquent les cours pendant leurs règles, soit par peur d’accidents, soit à cause des moqueries. Il était temps d’agir. C’est ce qu’a compris l’AADS en organisant un forum de sensibilisation ce samedi 31 mai 2025 », a déclaré Fatou Kinné Diassé Madame Kandji, présidente de la commission renforcement des capacités et plaidoyer au sein de l’association.
Dans les Collèges d’Enseignement Moyen (CEM), des milliers de jeunes filles sont confrontées chaque mois à un défi silencieux mais déterminant : l’accès aux serviettes hygiéniques. Une problématique trop souvent ignorée, alors qu’elle a un impact direct sur la scolarité, la santé et la dignité des adolescentes.
« Nous avons décidé d’organiser un forum à l’endroit des principaux acteurs de l’école — professeurs, élèves, association des mères d’élèves, parents d’élèves et membres des comités de gestion — pour renforcer leurs capacités en matière de gestion de l’hygiène menstruelle, mais aussi sur la question de l’estime de soi », a-t-elle poursuivi.
Au total, 540 jeunes filles issues des CEM de la commune de Kaolack ont bénéficié de cette formation. Elles joueront désormais un rôle de relais communautaires, chargées de démultiplier la sensibilisation dans leurs quartiers et établissements respectifs.
L’AADS prévoit également de former l’Association des mères d’élèves à la confection et à l’utilisation de serviettes hygiéniques lavables, avec en perspective la mise à disposition de kits menstruels dans les établissements scolaires, afin de faciliter l’accès à ces produits essentiels.
Cette initiative marque une avancée significative vers l’égalité des chances à l’école. En brisant le silence et en impliquant l’ensemble de la communauté scolaire, elle contribue à faire des menstruations un sujet de santé publique, et non de honte.

