
Après plusieurs années de pause ou de fonctionnement irrégulier, les cantines scolaires reprennent vie dans la capitale sénégalaise grâce à un projet innovant et ambitieux. Porté par la Fondation ACRA, en collaboration avec la Ville de Dakar et le Lycée John F. Kennedy, le projet pilote “Aliments locaux de qualité dans les écoles de Dakar” a officiellement démarré ce mercredi 4 juin 2025, dans la Salle polyvalente Mariama Bâ du lycée.
Ce projet s’inscrit dans le cadre du programme MUFPP-Afrique Horizon, une déclinaison africaine du Pacte de politique alimentaire urbaine de Milan (MUFPP). Ce programme vise à favoriser des systèmes alimentaires urbains durables, inclusifs et résilients. À Dakar, il trouve une application concrète à travers la relance de la restauration scolaire avec des produits locaux, sains et diversifiés.

Financé par l’Union européenne au Sénégal, le projet veut démontrer que l’on peut offrir aux élèves une alimentation équilibrée tout en valorisant les filières agricoles locales, en particulier celles qui impliquent des petits producteurs et des transformateurs locaux.
Le Lycée John F. Kennedy de Dakar, établissement emblématique de l’éducation des jeunes filles, a été choisi pour accueillir cette première phase expérimentale. En partenariat avec un professionnel local de l’alimentation, les parties prenantes testeront une approche pragmatique, à la fois pédagogique et nutritionnelle, de la restauration scolaire.
Des kits alimentaires ont été distribués aux élèves lors de la cérémonie de lancement, en présence des autorités éducatives, des représentants de la Ville de Dakar, des membres de la Fondation ACRA et de l’Union européenne. Ce geste symbolique marque le début d’un engagement plus large en faveur du droit à une alimentation scolaire de qualité.
Au-delà du repas, le projet vise plusieurs objectifs clés :
• Améliorer la nutrition des élèves, notamment des jeunes filles, souvent les premières victimes de carences alimentaires en milieu urbain défavorisé.
• Renforcer l’assiduité scolaire, en réduisant les abandons liés à la faim ou au manque d’énergie pendant les cours.
• Soutenir les économies locales, à travers l’achat de produits auprès de producteurs locaux et de coopératives de transformation.
• Promouvoir une éducation à l’alimentation, en sensibilisant élèves, enseignants et parents aux bienfaits d’une nourriture saine, locale et durable.

Si le projet pilote au Lycée John F. Kennedy s’avère concluant, il pourrait servir de modèle pour l’extension de la restauration scolaire à d’autres établissements de Dakar, puis du Sénégal. Il répond également à une aspiration plus large à renforcer la souveraineté alimentaire urbaine, en connectant directement les écosystèmes agricoles périurbains aux besoins nutritionnels des écoles.
Cette relance des cantines scolaires est un signal fort en faveur de politiques publiques intégrées, alliant santé, éducation, développement local et résilience alimentaire. Elle remet aussi au goût du jour un principe simple mais fondamental : bien nourrir les élèves, c’est leur donner les moyens de réussir.

