Dix ans de la campagne “Uubi Tey Jang Tey”  : la COSYDEP dresse le bilan et trace les perspectives d’un engagement citoyen pour l’école !

Le 10 septembre, à Kaolack, la COSYDEP (Coalition des Organisations en Synergie pour la Défense de l’Éducation Publique) a organisé un panel consacré au dixième anniversaire de la campagne “Uubi Tey Jang Tey”. À cette occasion, la coordinatrice nationale, Fatou Seck Kebe, a présenté une synthèse des communications et échanges, revenant sur les acquis, les défis et les perspectives de cette initiative lancée en 2014 pour améliorer l’accès et la qualité de l’éducation au Sénégal.

La campagne était née d’un constat préoccupant : chaque année, l’ouverture des classes était marquée par un vide alarmant. Plusieurs semaines après la rentrée officielle, de nombreuses écoles restaient encore fermées ou sous-équipées, faute d’enseignants et de fournitures. Face à cette situation, la COSYDEP, le mouvement M23 et d’autres organisations de la société civile avaient uni leurs forces pour lancer en 2014 “Uubi Tey Jang Tey”, une mobilisation citoyenne destinée à interpeller et engager toutes les parties prenantes autour des enjeux éducatifs.

Dix ans après, Fatou Seck Kebe a rappelé les principales étapes du processus et insisté sur l’importance d’un dispositif de suivi-évaluation. « Nous devons capitaliser nos expériences pour continuer à avancer », a-t-elle souligné. Selon elle, la campagne a permis d’obtenir des résultats encourageants dans plusieurs localités, notamment à Kaolack, où des efforts concertés ont amélioré la préparation des établissements et la mobilisation des élèves.

Les intervenants ont mis en exergue plusieurs réussites : un ancrage institutionnel renforcé, le soutien du ministère de l’Éducation nationale, ainsi qu’une meilleure sensibilisation des communautés. Ils ont cependant recommandé de renforcer encore la participation des parents et des élèves, d’adapter le calendrier scolaire aux réalités locales, et de relocaliser certains établissements afin de mieux répondre aux besoins des populations.

La COSYDEP a également salué la réduction des retards liés à la mise en place de la logistique scolaire, tout en insistant sur la nécessité d’anticiper davantage les besoins pour garantir des environnements d’apprentissage sûrs et motivants.

Un aspect particulièrement salué fut la mobilisation communautaire : campagnes de nettoyage, initiatives locales d’entretien des écoles et implication citoyenne accrue. « L’école ne peut pas, à elle seule, porter le poids de la formation de nos enfants », a rappelé un participant.

Malgré ces avancées, les défis restent importants. Le manque d’enseignants demeure un problème crucial, nécessitant un recrutement régulier et massif. De même, le soutien aux familles défavorisées doit être renforcé à travers des mécanismes d’aide financière pour alléger les charges liées à la scolarité. Les participants ont également appelé à une meilleure coordination interinstitutionnelle, ainsi qu’à l’implication des ONG, de la société civile et du secteur privé dans le cadre de programmes de responsabilité sociétale.

En perspective, les acteurs réunis à Kaolack ont insisté sur la nécessité de consolider les acquis de la campagne et d’élargir son champ d’action. L’ambition demeure la même : parvenir à une rentrée scolaire véritablement synchronisée, gage d’efficacité et de justice éducative.

Le bilan de dix ans de “Uubi Tey Jang Tey” met ainsi en lumière des avancées notables, mais aussi des défis persistants. Pour garantir à tous les enfants du Sénégal une éducation de qualité, accessible et équitable, l’engagement collectif et la mobilisation de toutes les parties prenantes restent des conditions incontournables.

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